Ça fait 10 mois que Share & Fun a ouvert ses portes face à Bozar, en plein centre de Bruxelles. Dix mois à observer, à ajuster, à comprendre ce lieu que j’ai imaginé pour les équipes qui travaillent en ville, pour un team building qui sort de réunion, pour célébrer une victoire, pour fêter le départ d’un collègue qu’on a vu grandir dans l’entreprise.
Et après 10 mois, je crois que j’ai sous-estimé quelque chose. Le télétravail.
Pas seulement le télétravail en général, mais sa version particulièrement intense qu’on vit dans le centre-ville bruxellois. Entre les chantiers, la difficulté d’accès et l’image parfois écornée de Bruxelles, beaucoup d’employés ont trouvé une bonne raison de ne plus vraiment y venir. Je croise des personnes dont la semaine ressemble à 2,5 jours ici et 4,5 jours ailleurs, parfois même à l’étranger. Bruxelles est devenue une ville qu’on traverse plutôt qu’une ville qu’on habite, professionnellement parlant.
Il y a quelques semaines, un ami tout juste pensionné de la Commission européenne me racontait quelque chose qui m’est resté. Depuis le COVID et la généralisation du télétravail, il ne connaissait plus vraiment ses collègues. En 2020, pour son départ à la retraite, il aurait sans doute invité tout son service, 15 à 20 personnes, pour un pot chez Share&Fun. Cette année, il a invité ses deux collègues les plus proches, pour un déjeuner.
Seulement deux collègues. Après une carrière entière.
Ce n’est pas juste une anecdote un peu triste. C’est une question que je me pose pour toutes les organisations aujourd’hui : que reste-t-il du collectif quand le lien de travail se réduit à quelques visioconférences et deux ou trois visages qu’on croise encore par hasard ? Qu’est-ce qu’on perd, en tant qu’équipe, quand plus personne ne connaît vraiment ses collègues?
Au Share & Fun, on continue de croire qu’un lieu où on se retrouve, où on rit, où on partage un verre après un projet bouclé, ça a une valeur qui dépasse largement le team building version case à cocher. Mais je pense qu’il va falloir réinventer la manière dont on invite les gens à revenir se voir.
Et vous, dans votre organisation, vous en êtes où?
